Quel pied ...
LE PIED DU SPORTIF
Fréquentes chez le sportif, les petites lésions du pied sont trop souvent négligées. Apparemment banales, elles n'en sont pas moins responsables de gênes et de douleurs au cours de l'entraînement, voire de contre-performances pendant une épreuve.
Aussi ces lésions méritent-elles l'attention du sportif amateur ou professionnel qui doit non seulement les traiter, mais mieux encore les prévenir.
En voici quelques unes, les plus fréquemment rencontrées :
1. LES AMPOULES
Les ampoules ou phlyctènes représentent la pathologie la plus fréquente chez les coureurs de fond et chez tous ceux qui pratiquent un sport sur terrain dur: course à pied, handball, volley, tennis, tennis de table etc.
La phlyctène provient d'un frottement au niveau de la chaussure (le plus souvent, voir avec une chaussette créant des plis), engendrant une irritation de l'épiderme pouvant aller jusqu'à une brûlure. D'où la formation d'une bulle douloureuse remplie d'un liquide séreux (liquide clair ou sanguinolent).
Si l'ampoule est fermée, il faut:
- Percer l’ampoule à l'aide d'une seringue stérile (ou bistouri ou aiguille aseptisée), ce qui soulage très rapidement,
- Evacuer le liquide par légère pression avec une compresse.
- Ne pas découper la peau mais conserver ce « toit » de l’ampoule pour une meilleure cicatrisation.
- Tanner avec de l’éosine aqueuse ou de la Bétadine dermique.
- appliquer un film plastique protecteur (pansement simple ou humide ++ associé par exemple à de la Biafine*, vaseline… ou un hydrocolloïde) ou du collodion riciné (sur course pour une reprise immédiate) pendant deux ou trois jours,
Si l'ampoule est ouverte (déchirée), il faut:
- enlever la peau qui est décollée, déchirée avec des ciseaux à peau,
- appliquer de l’éosine ou de la Bétadine dermique (durcit le derme mis à nu, la Bétadine empêchant l’infection)
- appliquer un morceau de tulle gras recouvert d’un adhésif (ou de collodion riciné si reprise de la course immédiate), pendant deux ou trois jours, ou des pansements type 2ème peau (hydrocolloïde) ou classiques si la pratique sportive est terminée.
La prévention demeure la meilleure attitude:
- choisir de bonnes chaussures avec une pointure de plus que votre taille, car le pied gonfle au cours de l'effort,
- des chaussures sans coutures internes agressives, tout comme pour les chaussettes (éventuellement les utiliser à l'envers),
- tanner préventivement la peau des pieds en les badigeonnant pendant une dizaine de jours (avant une compétition ou régulièrement tous les trois mois) avec une solution spécifique tannante.
- au moment de l'épreuve, graisser la peau (crème Nok, beurre de Karité). Après avoir enfilé les chaussettes, les graisser également à l'extérieur au niveau des zones sensibles (dans la chaussure, pour des courses de longues distances).
Il faut éviter:
- d'appliquer à même la peau du sparadrap ou tout collant,
- de percer une ampoule avec une aiguille ou du fil en laissant ce dernier à demeure,
- de nettoyer à l'alcool une ampoule ouverte,
- de prendre des bains trop longs qui ramollissent les chairs (préférer les douches),
- de porter des chaussures neuves le jour d'une compétition !
2.L’HEMATOME SOUS UNGUEAL (ou ongle noir)
Il correspond à une collection de sang sous l'ongle. Cette lésion douloureuse fréquente chez les footballeurs, rugbymen, volleyeurs, basketteurs est le plus souvent consécutive à un choc direct. Mais elle peut également survenir chez le coureur dont les ongles, mal coupés, buttent de façon répétitive dans la chaussure (trop petite ou trop grande, ou sur des courses de montagne ou randonnée en terrain accidenté).
Il faut rapidement (quelques heures) évacuer le sang de l'hématome pour soulager la douleur et préserver l'ongle. Le podologue, à l'aide d'une fraise, percera l'ongle de deux petits trous. Ce soin doit être effectué dans de bonnes conditions d'asepsie afin d'éviter toute infection. Une fois le sang évacué, nettoyer et recouvrir d'un pansement protecteur stérile.
Faute d'avoir évacué l'hématome, l'ongle peut tomber au bout de quelques semaines. L'orteil est alors sensible et douloureux, obligeant pendant quelques temps l'interruption du sport (les pansements tubulaires peuvent dans ce cas être intéressants). Le plus souvent, il s’évacue avec la repousse de l’ongle, laissant une ondulation marquant le moment du traumatisme.