Le Maxicross par Bruno

Publié le par esprit-des-elfes

Drôle de sentiment aujourd’hui avant le départ, d’un côté une joie énorme de courir sur ce magnifique parcours, et de l’autre beaucoup de stresse et d’angoisse.
1. D’abord parceque j’ai une douleur au genou gauche depuis plus de3 semaines, qui ne veut pas partir renforcée par une pseudo sciatique au niveau du soléaire, bref j’ai fortement levé le pied depuis 15 jours et surtout pas de course depuis 8 jours… j’ai moins mal, mais je le sens pas très bien ce parcours très cassant avec une succession de montée descente usant pour l’organisme. 


2. Les descentes me font souffrir, m’obligeant a y aller mollo, je vais devoir pousser dans les montées et j’ai peur de ne pas tenir. 

3. J’ai annoncé m’arrêter au 12em si grosse douleur dans le genou, mais au fond de moi, je veux le finir, c’était une astuce à moi-même pour ne pas renoncer à ce trail. (Je ne sais toujours pas si c’était la bonne solution.) 

4. Je le connais très bien ce parcours pour l’avoir fait il y a un mois avec l’organisateur et refait plusieurs fois. Et bien sûr courir avec Aurélien est déjà un défit et une performance aussi motivante qu’un dossard. Le temps est tombé ce jour là avec moins de 2h06 pour 21kms et D+700, c’est vraiment beau pour mon niveau. Le voilà mon challenge du jour, faire mieux en visant les 2h00. 

5. Les 2h00 je n’y crois pas ou plus mais pour espérez les accrocher je dois tourner les 11 premiers kms au environ des 5’30, c’est après que les choses vont commencer… 

6. Le fait de connaître le parcours, les temps à respecter, savoir quand accélérer et quand s’économiser est drôle, et enlève du charme, j’ai l’impression d’aborder une course sur la route avec son plan en tête. Il n’y aura pas de suspens… 

J’arrive ce dimanche à 7h30, retire mon joli dossard personnalisé, et cherche des têtes connues, je cherche aussi le team esprit des elfes pour faire connaissance.
Je reconnais Sylvain, le malchanceux du jour, il avait une belle carte à jouer sur cette course, mais lors du balisage avec Aurélien le samedi, il a trouvé le moyen de se fouler la cheville…Il ne faisait même pas le con !!! 

Ensuite c’est Renaud que je rencontre avant d’échanger quelques mots avec Vincent, un autre membre du team. C’est vraiment sympa, de chercher les membres, et discuter un peu avant et après la course. 

Ce parcours est nouveau, retracé entièrement et carrément plus costaud. 

Nous allons être 250 environ à prendre le départ, (voilà la première victoire d’Aurélien avec plus de 200 participants). 

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Tiens il vient d’arriver, il a fini la vérification du balisage... 

9h00, le départ est donné...je sais que ca va monter et qu’il faut taper le 5’30, j’ai le genou encore froid et va falloir lui laisser le temps de chauffer. Je décide de me caler derrière Renaud, qui semble avancer au rythme que je me suis fixé.


Je suis bien pour ce départ, mais je sens ma fréquence cardiaque élevée, certainement à cause de tout ce stresse et aussi à cette semaine sans courir, on verra bien, pas de douleur dans le genou. 

Vers le km 1,5 j’entends un chien qui aboie, et très vite se trouve à côté de nous, je le connais celui là !!! c’est Spok la mascotte du team Esprit des Elfes, Aurélien ne dois pas être loin… (Pour la petite histoire, nous avons vu arriver 5 minutes avant le départ Aurélien, qui venait de refaire le parcours afin de s’assurer que tout était bien en place, le temps de remplir son sac, de discuter 2 -3 mots avec le reste du staff, et il est reparti pour faire la course, avec comme handicap partir bien après tout le monde…) Il ne court pas il vole (Clément P du team Raidlight tu devrais courir avec lui tu vas finir par le dépasser… ) il a déjà disparu alors que les 2 kms n’ont pas encore sonnés à ma montre, on échange 2 mots avec Renaud et on continue à notre rythme. 

Je suis bien dans les montés, très facile même, et à la fois ma FC ne me plait pas, non je suis en sur régime, la première descente arrive, elle dure 1 km, et l’angoisse est palpable à cause du genou, on me double, j’ai les yeux rivés au sol, j’analyse le relief et ne veux pas faire de faux pas. Pas de panique, je dois temporiser aussi, le single va arriver et la fougue du départ va être très vite calmée. 

Nous attaquons le premier single avec pour commencer 1,5 km de grimpette, je suis calé derrière Renaud, ne bronche plus, son rythme me convient, pas de douleur, si je veux battre mon record, je dois être rapide sur les 11 premiers kms sans me cramer non plus pour la suite. Comme vous pouvez le comprendre, ce n’est pas le paysage ni les candidats qui me motive, non c’est mon chrono, doucement je suis en train de rentrer dans ma bulle et je vais bientôt livrer un combat avec moi-même. Je profite de la longue descente pour enfiler les écouteurs et brancher Evanescence qui va m’accompagner pour le reste du parcours. 

Et moi qui ne court jamais avec la musique, j’avais envie d’essayer, de tout manière je ne vois pas le parcours, il est imprimé dans ma tête....
Tout ce que je grappille en montée, je le perds en descente avec un genou qui semble trembler… 

Premier Ravito au 7em kms, j’ai un sourire en pensant à la tête des participants lorsqu’ils vont tourner à droite… Tien voilà Spok, qu’est ce qu’il fait là ? "Bon Spok le premier au caniveau a gagné !..." je l’ai explosé...

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voilà ma première victoire... Pour revenir à la suite un petit 60 mètre de d+ sur 600m avec la partie du lapin sauté qui avoisine les 25%. Comme à chaque séance, je mets un point d’honneur à la monter en courant (oui je repense à la petite phrase d’Aurélien), elle ne me fait même pas mal aujourd’hui... Tout en haut la photographe est là pour immortaliser le moment. Trop concentré, je ne lèverai pas la tête, dommage, car les photos sont belles. 

Du 8em kms au 11 em rien de bien dur, avec une petite montée suivie d’une longue descente, qui commence à démanger les coureurs autours de moi. Non Bruno, tu temporises !!! La côte qui vient va faire mal, et les autres encore plus. Un œil à ma montre, et ma deuxième victoires après Spok, je suis en avance de 2minutes. 

Non c’est décidé, je ne m’arrêterai pas en haut au 12e kms, même si maintenant j’ai une douleur au ventre que je traine depuis 2 jours, je croise les doigts pour ne pas avoir la diarrhée... 500m de doute puis tout rentre dans l’ordre. 

Ce qui n’est pas bon c’est ma FC moy qui est à 90%, et ne semble pas vouloir descendre. Mais aujourd’hui nous sommes en mode course . 

Non chaque coureur est un défis, je le le remonte pour le doubler au bon moment, à ce petit jeu le passage des mikado à été un moment bien amusant, j’ai ainsi évité une zone boueuse qui m’a fait gagner de précieuses secondes. 

Les visages montrent les premiers signes de fatigue, la prochaine montée me stoppera nette m’obligeant à marcher. Le cardio explose FC 195, je ne pourrai jamais finir… Solution Pac man, qui fonctionne très bien et c’est 2 coureurs que je doublerai encore. Mais je suis dégouté, d’habitude ca passe tranquille, elle n’est pas très raide cette partie. 

Allez une descente qui me fait recoller à un groupe de 3, je ne sens plus mon genou, sur le plat ils relancent les bougres !!! Ils ont encore de l’énergie, mais il va y avoir une surprise… Une nouvelle côte à la con, juste pour faire du dénivelé en plus… et comme le parcours est physique, ca crac, et voila j’ai déposé ce petit groupe, maintenant je tempère un peu dans 500 mètres ca va être dur très dur, surtout au moral de ceux qui ne connaissent pas la surprise du chef, la double montée dans une portion bien raide et sablonneuse, pourtant le matin même j’avais volontairement poster sur le site la petite photo… 

Pour ma part, je savais à quoi m’en tenir, le l’ai franchit en marchant mais d’un très bon rythme puisque je vais doubler 2 coureurs, et là ou j’ai prit de l’avance c’est en me lançant à fond sur cette descente. La moindre erreur peut faire très mal, avec ce sable et ces grosses caillasses qui nous suivent dans la descente. 

Je me suis étonné comment en moins d’un km j’avais fait le trou derrière, et devant personne.... Dans la montée du 16 au 17em qui est en fait un faux plat, le retour à la réalité arrive, crampent au 2 mollets. Aille !... Je savais que j’allais payer cash, mais aux 16em c’est hard… Bon mes poursuivants étant loin je marche pour faire disparaître les douleurs, je marche longtemps même, et ca revient m...e fait c...r !, je profite d’une belle montée sèche pour creuser l’écart, même si je marche je monte plus vite. hihihi. A partir de maintenant va falloir marcher dans les montées pour éloigner les crampes. 

Nous arrivons au 2em Ravito J’ai 2’30 d’avance sur mon objectif, je ne passerai pas sous les 2h00 mais, finir sous les 2h05 est faisable, mais dans quel état ? je pense payer cette douleur et les 15 jours sans courir. Allez Bruno moins de 5 kms vivement le 20em qui sera la délivrance, ensuite il ne reste plus qu’a ouvrir les gaz en grand.
Nous allons jouer à chasse patate entre 2 gars environ 300 mètres devant et un autre environ 300 mètres derrière, d’un côté je veux me rapprocher des deux traileurs, et de l’autre il n’est même pas question de se faire ratrapper par ce poursuivant..., 

J’emploi la nouvelle technique du : quand sa marche je marche quand sa court je cours… Première fois que je joue à ce petit jeu, c’est bien cool…
Une fois franchit la dernière montée, il ne reste plus qu’a courir et je sais maintenant qu’il ne me ratrapera plus ce poursuivant, mais je ne verrai pas non plus ceux de devant. grrrrrr !!! 

Voilà, je franchis la ligne en 2h02’16. 35 / 216 finishers et 17 en sénior, je suis content, j’ai fait une belle course compte tenu de mon état. Je suis habituellemen abonné au fin de premier tiers de classement... mais celui là c’est quand même mon terrain de jeu !!! 

Aller Bruno, c’est promis je le referai en off avec ou sans Aurélien et Sylvain et en moins de 2h00… 

En attendant place au repos pour enfin soigner ce genou qui 24h00 plus tard me fait de nouveau très mal.

Voilà, cette course est terminée, je viens de découvrir que mon cœur est en mesure de battre à une FC max de 204....

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En plus il marche super bien mon cardio à présent. C’est la preuve que j’ai vraiment tout lâché sur ce dernier km. Na il n’est pas revenu sur moi mon poursuivant !... 

Retour au calme, je me change, et file voir les kinés. Aller faut soigner ma guibolle, sinon, je vais morfler demain !!! à coup d’Akileïne, je repars les jambes détendues. 

Je retourne dans le gymnase retrouver certains membres du team, profiter d’un buffet bien copieux, et part enfin essayer les Hoka one one. 

C’est vrai que cela semble léger, mais vous savez après 20 kms, le feeling n’est pas aussi précis. On a bien rigolé à faire les cons avec dans le gymnase, et l’avis était unanime, elles ne laissent pas indifférentes ses chaussures. C’est drôle cette sensation de grandir de 3 ou 4 cm et d’être dans des chaussons. J’ai pris acte de les essayer quand je serai soigné, surtout que j’ai la chance de pouvoir essayer les 3 modèles sur mon terrain de jeu qu’est la forêt de montmorency.
C’est peut être ce qui va pêcher avec les nouvelles Raidlight qui dans un autre style mais tout aussi français devraient avoir ses adeptes. 

Tous semblaient ravis par ce parcours technique, exigeant. 

Moi ce que j’ai le plus aimé 

1. C’est un parcours pratiquement en single, qui reprend bien les différents terrains de cette forêt. 

2. Le nombre de photographes, nous avons tous été photographié sur 4 lieux différents. Génial quand même de pouvoir récupérer des photos souvenirs. 

3. Les 5 ou 6 tables de massages pour l’après course. 

4. Et la gentillesse de tous les bénévoles. 

5. J’allais oublier le petit fromage du coin. Il était très bon, mais avait le gout de trop peu !!! 

Maintenant place à Aurélien, c’est grâce à lui ce nouveau trail, et il a tellement résumé tout ce que nous attendions… tout ce que j’attendais !!! 

Il m’a encore impressionné aujourd’hui non pas par la performance, mais par son implication. 

D’abord par le travail qu’il a fait (avec les elfes aussi), je rappelle que le matin, avant le départ il a refait tout le parcours pour nous offrir un trail au petit oignon sans pb de balisage.
Le temps d’échanger 2 mots avec le staff, il est parti bon dernier avec Spoke.
Qu’est ce qui le faisait voler sur ces premiers kms ? Juste l’envie de courir parmi nous et retrouver son frère pour l’accompagner vers un podium…. Il fait le max sur le premier tiers m’avouant enfin qu’il en avait un peu chier et qu’il avait bien senti les 20 kms du matin. Il emmènera son frangin pour une 10em place et un podium dans sa catégorie. 

Et là je dis monsieur Aurélien, qui faisant le trail en off, s’arrête à 200m de l’arrivée regardant filer son frère ( il en dit long ce regard sur la photo…) puis il rentre tranquillement en applaudissant les finishers. 

Merci à toi Aurélienet au plaisir de courir à tes côtés, ou plutôt derrière toi… Voila ce que j’aime dans un trail, cette générosité, ce partage, et pleins d’autres choses encore....


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M
Bluffant ce témoignage!! Merci de raconter si bien ce maxicross.
Répondre
E
Oui, merci Bruno ! Et tu est le bienvenu chez les Elfes !