ITT
Ice Trail Tarentaise

Voilà un moment que le dimanche 15 Juillet faisait trembler les Elfes. Ce trail est qualifié de toute une batterie de superlatif, L’ITT se distingue, d'une part, par son parcours exclusivement en haute altitude (alt. min 1850m) qui en fait le plus haut d’Europe (altitude moyenne et altitude max.)et d'autre part, par l'ascension du sommet de la Grande Motte , équipé pour l'occasion, qui relève habituellement de l'alpinisme.
Ce sont donc deux distances qui attendent les Elfes avec 64 km et 5000D+ pour Aurélien et 32 km et 2500D+ pour les deux Guillaume, Rich et Patou.
Nous partons de la région parisienne vendredi en fin d'après-midi dans les bouchons du 14 juillet pour passer la nuit près de Lyon au “formule 1” où aucun couple ne nous réveillera cette fois.
Repartis le samedi matin, nous posons les sacs samedi midi dans un joli appartement “Pierre & Vacances” à Val d’Isère. Piscine, sauna, salle de sport, billard le tout pour un prix raisonnable ! Merci Guigui pour cette trouvaille ! On va y être bien !

Première “plâtrée” de pâte avalée, nous voilà partis récupérer les dossards et assister au briefing d’avant course. Les recommandations sont nombreuses et strictes ! La sécurité prône !
La matinée du dimanche est annoncée froide avec certainement du vent en altitude, il faudra prévoir la tenue en conséquence.

Le journée de samedi se termine dans la piscine, histoire de prendre le réconfort avant l’effort, puis préparation du matos et des sacs pour le lendemain, une bonne dose de pâte et au dodo !
Dimanche matin, départ à 4h00 pour Aurélien puis à 8h30 pour les 2 Guillaumes, Rich et Patou.
Aurélien raconte son 64km:
Les premiers hectomètres sont roulants et ça sera certainement les derniers. Je me retrouve placé aux environs de la 8ème places au moment d’entrer dans le premier single pour monter un premier “talu” de 400 D+. Comme d’habitude, les mollets se tordent des douleurs par manque d’échauffement, les 3 hommes de tête prennent la poudre d’escampette. Les mollets sont enfin chaud, ça me permet de reprendre une foulée plus légère et par la même occasion de reprendre les 3 hommes de tête...Houaou, la classe, me voilà aux côtés de François d’Haene, un des meilleurs Français, auprès de Thomas Lorblanchet, Champion du Monde en 2009 et de MONSIEUR Dawa SHERPA, une icône vivante du trail à qui d'ailleurs je sers la main avec fierté en le rattrapant (tans pis si je suis passé pour un con).
Nous continuerons ainsi tout les 4 jusqu’à la première grosse difficulté de la journée en la présence de la grande Motte avec un mûre de 1500 D+ à gravir. Dès que le froid commence à se faire sentir je m'arrête pour enfiler une Gore-tex, le sol blanchi, c’est la dernière fois que je verrai la tête puisqu’il file vers le sommet sans moi. Ensuite seconde pause pour enfiler les Yaktrakx (chaîne à clipser aux chaussures afin de ne pas glisser sur le glacier). La neige virevolte et le vent augmente au fur et à mesure de l’ ascension. Peu à peu les flocons se transforment en grésilles. Le premier ravitaillement à 3000 m il est le bienvenu pour boire une petite soupe chaude et d’enfiler des gants sur des doigts déjà bien endoloris par le froid et ne pas oublier un bonnet. On m’annonce -6°C. La monté reprend avec encore 650 d+ à gravir, les conditions empirent, des rafales de vent chargés de neige gelé viennent frapper le visage et finissent de geler se qui me servait de doigts. Je n’avance plus, j’ai faim, j’ai froid, il va falloir être patient pour boucler l’aller-retour au sommet. Je croise les premiers qui entament déjà la descente. J’ai perdu un temps fou mais impossible de réagir. Je pointe à la 10 éme place environ.
Voilà enfin le sommet, la sécurité est partout, c’est super bien balisé, impossible de se perdre même avec une visibilité très réduite. La desecente est très raide mais la sensation de gagner des degrés à chaque pas fait beaucoup de bien. Encore une pause à 3000m pour grignoter et boire puis c’est repartis pour repasser à 2550 m, les yaktrax ne sont plus nécessaires mais la veste reste la bienvenue et ceci jusqu’à l’arrivée d'ailleurs, merci le briefing.

Les mains ont retrouvées leurs sensations, s’en suit un long périple dont il me reste, finalement, peu de souvenir mise à part peut-être ces pause “gastrique” en pleine montagne, des ravitaillements toujours bienvenus, la monté du col de l’Iseran culminant à 2762 m qui en fait le plus haut col routier d’Europe.

C’est d'ailleurs à son sommet que je retrouve les deux Guillaumes et Patou en train de gloutonner sur un ravito, ont discutent vite fait puis je pars à la poursuite de Richard qui à pris quelques encablures d’avance. Je le retrouve juste avant d’entamer l’ ascension de l’aiguille Pers culminant à 3386 m. Il s’agit en faite d’un aller/retour au sommet dans une espèce de marmelade de roche, le paysage est lunaire, pas de végétation, juste des cailloux et du vent.
Nous irons la-haut tout les deux se motivant l’un l’autre puis petit pause casse croûte au sommet histoire de ne pas être monté pour rien et profiter un peu de cette magnifique vue. S’en suit une longue descente de 500 D- où je vois Richard s’amuser comme un petit fou !

Le dernier ravito pointe son nez avant d’entamer l'ultime monté vers le tunnel Lessières culminant à 3000 m. La montée est courte mais très pentu en terrain instable et meuble, il faut mettre les mains de temps à autre pour avancer et atteindre ce fameux tunnel traversant la roche et donnant sur 1120 D- menant à Val d’Isère.

D’abord sur une piste de ski, puis sur de verte prairie et enfin sur la piste de VTT dans les arbres que l’ont avaient pas vu depuis un bon moment.
La ligne est juste au pied de la montagne, ça fait presque bizarre de passer de ces endroit si sauvage à la civilisation.
Je passe donc la ligne en 7ème position en 10h24 à des années lumière du vainqueur, François D’Haene avec qui j’ai eu l’honneur de partager quelques foulées au début de cette belle épopée.
Pour conclure, une organisation sans faille où même à 3653m d’ altitude nous étions vraiment bien encadré. Seul “hic” sur des traversées de névé (coulée de neige) en devers ou il était possible de faire une sacrément belle glissage et où d'ailleurs Guillaume.B à été chercher une participante de la randonnée en contre bas. Bravo et merci à lui !
Sur l' Altispeed, 32 km :
Richard: 157 éme en 6h20:25
Guillaume.B : 212 éme en 7h21:06
Patou et Guillaume.D descendent de la montagne en navette..les fiottes !